Bouger au travail

La prochaine fois que vous allez vous asseoir, pensez-y une deuxième fois.

Vous vous pressez de trouver une place dans le métro, pensez-y une deuxième fois.

Vous préférez envoyer un email à votre collègue au bout du couloir au lieu d'aller le voir directement, c'est vrais il peut être ennuyant parfois, mais quand même, pensez-y une deuxième fois.

Vous aimez rester inerte, le nez presque collé à la personne d'en face, sur l'escalator à la sortie du métro? et en plus avaler toute la pub qui est si convenablement exposée... pensez-y une deuxième fois.

Vous allez prendre la voiture pour les 1.5km car on est si pressés et biensûr que 5 minutes sont toujours mieux que 15, mais pensez-y une deuxième fois.

Parce-que cette opportunité si confortable et attirante risque d’être un de vos pires ennemis. 

rawpixel-com-296618-unsplash.jpg

Déjà en 2012, on a montré que la sédentarité est responsable d'un nombre plus grand de décès prématurés que le TABAC !! (ref.) et l'Organisation Mondiale de la Santé, en 2002 a déclaré la sédentarité, une cause majeure de maladies et d'incapacités (ref.)

Pour atténuer l'impact négatif de la sédentarité sur la santé, on devrait faire 60 - 75 minutes d’activité d'intensité modérée par jour; et on dit bien atténuer et pas annuler (ref.) Et qui les fait ces 60 minutes, pour être bien honnêtes? 

Voici quelques causes pourquoi la position assise est devenue notre deuxième (sinon première) nature:

  • Le secteur tertiaire a, depuis les années 50, fortement dépassé les activités agricoles et industrielles. On offre des services, des idées, souvent assis devant un écran. 
  • En France, la voiture arrive en tête que ce soit pour se rendre sur son lieu de travail ou d’études, aller faire ses courses alimentaires importantes ou encore emmener ses enfants pour leurs activités quotidiennes - (ref.
  • L'utilisation des nouvelles technologies transforme la façon dont on passe notre temps libre: "En sept ans, le temps quotidien passé devant un écran, hors temps de travail, a augmenté de 20 minutes en moyenne chez les enfants et d’1h20 chez les adultes." - (ref.)

Dans tout cela le corps, la présence deviennent presque inutiles...

Sachant qu'on passe une grande partie de notre journée et semaine au travail, surtout en position assise et souvent devant un écran, pourrait-on peut-être se demander si l'employeur n'est pas responsable de l'augmentation de notre risque de maladie chronique?

tobias-zils-146116-unsplash.jpg
diego-martinez-397368-unsplash.jpg

On parle de plus en plus en France du sport-santé au travail,  souvent dans une optique légère, ludique et d'amusement et c'est rarement une priorité dans la stratégie de l'entreprise. On parle du bien-être au travail, mais comment peut-on être bien quand on reste collé sur une chaise plus de 8h par jour, quand on oublie notre corps? Ne pas mentionner la manque de soleil et les problèmes de sommeil...

Et si on regardait plus sérieusement ce sujet? Si on a interdit l'amiante et le tabac car très mauvaises pour la santé, où on en est à réduire le temps passé assis? 

Voici quelques idées pour les entreprises pour encourager l'activité physique au travail:

  • installer des bureaux assis-debout réglables en hauteur. On a montré que l'introduction de courtes périodes d'activité au cours de la journée de travail des employés de bureau sédentaires est une approche prometteuse pour améliorer le bien-être général au travail (ref.)
  • rendre les escaliers accessibles et encourager les collaborateurs à prendre les escaliers plus souvent
  • encourager les transports actifs (la marche et le vélo) : permettre des horaires de travail flexibles, mettre à disposition des vestiaires et des douches, mettre en place des garages pour les vélos, etc.
  • proposer des activés physiques et sportives tenant compte des préférences et contraintes des collaborateurs, en dehors et/ou sur le temps de travail 
  • communiquer sur les bénéfices du mouvement et encourager la pratique
  • être inventif et à l'écoute

Pourtant, dans le contexte actuel, ces idées sont comme un grain de sable sur la plage, car vu l'importance et la complexité de ce sujet, la solution doit être plus large et complète:

  • éduquer et responsabiliser la population (campagnes de communication, formations, etc.),
  • mettre en place des environnements encourageant la pratique et la rendent très accessible (pistes cyclables, trajets accèsibles à pied, parcs, salles de sport, etc.) 
  • valoriser une vie active.

Ce qui manque en premier est une structure nationale qui soutient et encadre. 

Le rôle des pouvoirs publics et des autorités locales est ici essentiel pour développer des politiques qui encadrent, encouragent et valorisent l’activité physique au travail. De même celui des assureurs santé, pour financer et intervenir, et des chefs d'entreprises, pour la mise en place.

Depuis 2-3 ans, il y a en France une effusion dans le développement de l'activité physique et sportive au travail. On a des conférences, des offres de cours de tout types (yoga, zumba, différents sports, etc.) ainsi que des challenges, des formations et une activité de recherche et d'information bien avancée. 

Pourtant, à présent, les chefs d'entreprise ne sont pas assez informés, encouragés, ou accompagnés dans cette démarche. Même si parfois enthousiastes, il se retrouvent submergés par d'autres priorités et par la complexité de la tache. La solution serait un service de conseil pour l'évaluation et la mise en place, des réseaux d'échange, des solutions mutualisées et une facilitation fiscale. Les politiques doivent en prendre charge.

 

Deux vidéos expliquant les méfaits de la sédentarité

The problem with sitting too much (EN)

Why sitting is bad for you (EN sous-titré en FR)

living a healthy life

"Health is a state of complete physical, mental and social well-being and not merely the absence of disease or infirmity" - World Health Organisation.

In other words, being healthy is having the energy to enjoy your life & enjoying your life makes you healthy.

Why has 'living healthy' become such a thing ? Mainly because many of us live in contexts that make us sick, we are so far away from nature and food sources, we cannot control food production anymore, we have lifestyles that suck our energy out ( pollution, lack of sleep, stress, sedentary jobs, media addiction, unending working hours... ) At the same time we feel that we can and need to do so much and pressure is kicking in from all places, including ourselves.

taylor-kiser-361164.jpg

Going more in detail about food, for example, I had a great read about food and the fashion of 'eating healthy' :

"to consider just what a terrifying thing food has become for millions of people in the modern world. [...] Clean eating [...] is perhaps best seen as a dysfunctional response to a still more dysfunctional food supply: a dream of purity in a toxic world. To walk into a modern western supermarket is to be assailed by aisle upon aisle of salty, oily snacks and sugary cereals, of “bread” that has been neither proved nor fermented, of cheap, sweetened drinks and meat from animals kept in inhumane conditions."

 

In a simple way,

the main pillars of a good and healthy life can be summarized like this:

  • natural, home cooked and nurturing food
  • exercise
  • time spent in nature
  • good regenerating sleep
  • strong social bonds and feeling of belonging
  • personal fulfillment and spirituality

Very well, and now what? We are willing to be healthier and happier, but why is it so hard in practice?

Mainly because we are made of habits and our biological heritage and constitutional factors are influencing us more than we would like. Add to this our beliefs and social rules, what our families and communities 'impose' on us. Add on top our lifestyle and personal constraints. And then add the environment we live in, the socio-economic and cultural conditions

murillo-de-paula-322435.jpg

It is much easier to eat healthy if your family always took the time to cook healthy meals and enjoy meals together. It is much easier to walk in Paris than in Bucharest because the public transportation gives more flexibility and you are not looked at like a weirdo when you tell your friends you walked 45 min to get from one place to another. It is easier to bike in Munich than in Paris because there are bike lanes in every direction and traffic is biker friendly; and your bikes don't get stolen. It is much easier to eat fresh vegetables in Toulouse than in Paris, as the local producers are closer, have broader choice and cheaper products. It is much easier to exercise when you have a gym at work and a flexible schedule than when you have a 3 hours commute a day and 2 kids to take care of. 

Many of us just go with the flow even if is unhealthier because we crave confirmation and beloning from our family and peers. And it is much simpler. Humans are beings of comfort.

Changing behaviors is not only a matter of strong willpower,

it is much complex and hard to do.

So there are two battles: first one is the responsibility of communities and public powers to make sure the healthiest choices are the easiest ones. Developing cities and neighborhoods, companies and schools where prevention and healthy living are the norm.

The other battle is our own: beyond what the environment gives us or imposes on us, there is still the part of our responsibility and willingness to make things better. Doing things in a different way does need more energy and conviction, but it might inspire other to do so. And soon you will be a new tribe.

Here are some arguments of WHY it is important to be aware and act on our health :

jenn-evelyn-ann-112980.jpg
  • a 'healthy life' gives us energy and power to do whatever we want to do
  • it decreases the risk of chronic disease (diabetes, cardiac disease, cancer, Alzheimer) which will be better for you in the future AND for your loved ones which will be strongly impacted in case you get sick
  • it helps our bodies regenerate, stay focused and be creative
  • it is the solid ground on which we build our life

And here are some ideas of the HOW  to do this :

joseph-pearson-310899.jpg
  • decide what is really important to you. We cannot do everything and a good lifestyle base enhances everything else
  • identify the habits that 'suck out' your energy like going to bed late, eating too fat, too sweet and processed food, drinking alcohol too often, sitting too much, checking your phone too often, swallowing up anger...
  • find ways to reduce those bad habits by introducing new positive routines: switching off your phone before going to bed, while you work or while you talk to people, exclude packaged or pre-cooked food, replace sweets with fruits, dried fruits, dark chocolate or HOME MADE cakes out of REAL ingredients not powders, take time to cook, take the TV / phone out of the bedroom, read a book, work on your relationships and the way you communicate... ( you can read more here about the power of habits )
  • get support and advice from a nutritionist, homeopath, dietitian, fitness trainer, life coach. See it as an investment and accept we cannot do everything by ourselves. And they do know more than us in those specific fields. Otherwise you might need to spend hours and hours on the internet to find the right things. They can also help staying motivated. 
  • have patience and see the changes on the long term

 

justin-lynch-421247.jpg

How to move more

andre-hunter-62014.jpg

Movement is about LIFESTYLE. Therefore think of it as something part of your daily activities, that comes as naturally as brushing your teeth or washing...life would be very uncomfortable without it...

If you move very little (i.e. you get up, get in the car, sit at you desk, back in the car and hop on the couch) you need to start with the basic: walking. You can even go wild and think about biking.

Thing is to find the small opportunities where you can use your beautiful two feet instead of this wonderful technology that is making us sick. For example take the metro instead of the car. Or the bus. Might take longer and be crowded but I am sure you can arrange to read a good book or find a time slot with less people.

Next step would be getting out a station before and walk. Or do a mix bike-metro(bus).

Also think about taking the stairs. Sometimes they look nasty and hidden, this is ok, we need to find something else. But at least when you take the metro don't push yourself with the crowd on the escalator. Take the stairs. There is nobody there. Enjoy the space and the movement. Instead of staying inert for 1min and absorbing useless advertisements or the sweat smell of people too close to you, do something better.

You might get panicked about all the time you will 'waste' walking. It is normal because we live in such a speedy time, but it is not ok. While walking you can ignore your phone. Take a break. Breathe. Focus on your body, breath, meditate. Look for quiet paths. You can listen to a podcast or an audiobook. You can call a friend or a colleague. But you will still be walking.

Next thing will be taking up an activity. I can already feel your discouragement. But it's normal. You want to find something that you really enjoy. With people you like. In an environment you feel GOOD. For this you need some time to try different things. Make sure it is easy to reach and it fits your schedule. You can use the new subscription models (like Gymlib ) which allow to try different gyms and clubs until you find a place you feel good. Same goes for dance classes or other sports.

Have patience and look for a coach and group that you really enjoy. 'Drag' a friend along.

Make sure it becomes a routine. A 'date' with your inner joy.

If you want to train by yourself and be flexible you can choose a personal trainer. They cost more but see it as an investment. Ask friends around, sure someone can recommend you a good coach. He can make you a training plan, explain the exercises and let you train a few sessions by yourself. He will get you started and motivated and you can see him only from time to time to reboost your motivation and update your training plan.

There are many activities, besides sports that can do you a lot of good: dance, hiking, biking, pilates, yoga, TaiChi, swimming, strechning, etc. You can do them outside in a park, in a small club or in a gym, at your or friend's place. 

 

On a more general basis, think that life is movement. Life never stands still, so when you just sit and stare at your screen you are cut from it. You are cut from your body. Movement is being present to life.

 

It is hard to start moving, even for the most motivated athletes. Because we like comfort. 

So take some time to move and pay attention how you feel afterwards, how your body is reacting to it. Only AFTER take a decision about moving. 

Try for example to do a day where you move more and notice how you feel, how the flow of thoughts has changed and how you sleep that night.

Think also which priority you give to movement. What makes you not prioritize it more? Understanding what stops you so that you can remove barriers. Don't try it to do it by yourself. Ask for help and motivation. And once you get your body moving on a daily basis it will feel so good you will not want to stop.

[FR] Pourquoi développer une stratégie santé et bien-être à long-terme dans votre entreprise

Photo by  Pascale Amez  on  Unsplash

Photo by Pascale Amez on Unsplash

L’activité physique, la nutrition et le bien-être sont des styles de vie, qu'on ne peux pas considérer seulement à travers des événements ponctuels. Leur développement nécessite un changement de comportement qui se fait sur le long terme, intégrant naturellement le quotidien.

Ceci demande du temps, de la patience et de l’accompagnement.

De plus, la santé et le bien-être au travail font partie d'un cadre bien plus large : l’environnement, les relations interpersonnelles, l’organisation du travail et la vie personnelle, l’activité physique et la nutrition, tout est fortement interconnecté.

Prenant en compte ces éléments et pour que la stratégie santé bien-être soit efficace, elle doit fusionner avec la vision globale de l’entreprise. Cette dernière donne la direction et les objectifs, définit les processus de travail et la culture de l’entreprise, donc elle impacte directement la façon de travailler des collaborateurs et leur santé. De même, leur efficacité et motivation aura un impact direct sur l’atteinte des objectifs.

Le management doit être le premier à soutenir la décision globale de changement et les actions d'implémentation. Le chef d’entreprise est l’exemple, le porteur des valeurs et de la vision de son entreprise. S’il arrive le matin en vélo, prends du temps pour des pauses actives ou pour manger un repas équilibré, ceci donnera une forte impulsion à ses collaborateurs de repenser leurs habitudes. Encore plus forts seront l’impact de son style de management, son écoute et sa disponibilité d’améliorer et innover.

Ensuite, l’implication des collaborateurs dans le développement des mesures leur permet de se les approprier plus facilement. D’une part car elles vont être façonnées à leurs besoins, de l’autre car ils vont se sentir écoutés, ce qui les responsabilise et les donne les moyens pour la mise en place. Offrir l’opportunité aux collaborateurs de s’impliquer activement pour leur santé est très valorisant et motivant.

 

A long terme, la culture de l’entreprise doit tendre vers un cadre qui encourage la confiance, la transparence et la facilité d’échange. Ceci se nourrit mutuellement avec une ambition de santé et bien-être.

 

Plus concrètement, les processus et l’organisation de travail doivent être développés avec une attention pour la santé et le bien-être. Ceci passe par une meilleure distribution de la charge de travail, une amélioration du style de management et une augmentation de la qualité des échanges inter-personnels.

 

Une étude récente mise en place en Allemagne par l’Institut de santé au travail a interrogé plus de 800 entreprises, ce qui démontre l’importance croissante de cette thématique. L’étude ressort quelques reflections très utiles.

On remarque une approche fortement centrée sur la prévention et l’augmentation du capital santé et bien-être.

Parmi les solutions proposées, on retrouve la formation des ‘ambassadeurs santé bien-être’ parmi les collaborateurs. Ceux-ci partagent le quotidien de leur collègues, ce qui facilitera la communication et la transmission des messages. La sensibilisation des jeunes employés à l’importance du bien-être au travail est mise en avant, car ils seront les employés et managers de demain. Les compétences et la vision acquises en début de carrière vont structurer le travail du futur.

L'intégration des nouveaux modes de travail, comme le home office, le temps partiel, etc. apparaît comme une nécessité. Une meilleure répartition entre le travail et la vie personnelle réduira la complexité émotionnelle de l’activité professionnelle et par la suite le stress.

Une grande et actuelle thématique est la digitalisation du travail et le développement des tâches de plus en plus complexes. Ceci demandera plus de résilience, donc plus de capacité de se recréer et se régénérer et l’entreprise doit être prête à répondre à ce nouveaux défis.