Bouger au travail

La prochaine fois que vous allez vous asseoir, pensez-y une deuxième fois.

Vous vous pressez de trouver une place dans le métro, pensez-y une deuxième fois.

Vous préférez envoyer un email à votre collègue au bout du couloir au lieu d'aller le voir directement, c'est vrais il peut être ennuyant parfois, mais quand même, pensez-y une deuxième fois.

Vous aimez rester inerte, le nez presque collé à la personne d'en face, sur l'escalator à la sortie du métro? et en plus avaler toute la pub qui est si convenablement exposée... pensez-y une deuxième fois.

Vous allez prendre la voiture pour les 1.5km car on est si pressés et biensûr que 5 minutes sont toujours mieux que 15, mais pensez-y une deuxième fois.

Parce-que cette opportunité si confortable et attirante risque d’être un de vos pires ennemis. 

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Déjà en 2012, on a montré que la sédentarité est responsable d'un nombre plus grand de décès prématurés que le TABAC !! (ref.) et l'Organisation Mondiale de la Santé, en 2002 a déclaré la sédentarité, une cause majeure de maladies et d'incapacités (ref.)

Pour atténuer l'impact négatif de la sédentarité sur la santé, on devrait faire 60 - 75 minutes d’activité d'intensité modérée par jour; et on dit bien atténuer et pas annuler (ref.) Et qui les fait ces 60 minutes, pour être bien honnêtes? 

Voici quelques causes pourquoi la position assise est devenue notre deuxième (sinon première) nature:

  • Le secteur tertiaire a, depuis les années 50, fortement dépassé les activités agricoles et industrielles. On offre des services, des idées, souvent assis devant un écran. 
  • En France, la voiture arrive en tête que ce soit pour se rendre sur son lieu de travail ou d’études, aller faire ses courses alimentaires importantes ou encore emmener ses enfants pour leurs activités quotidiennes - (ref.
  • L'utilisation des nouvelles technologies transforme la façon dont on passe notre temps libre: "En sept ans, le temps quotidien passé devant un écran, hors temps de travail, a augmenté de 20 minutes en moyenne chez les enfants et d’1h20 chez les adultes." - (ref.)

Dans tout cela le corps, la présence deviennent presque inutiles...

Sachant qu'on passe une grande partie de notre journée et semaine au travail, surtout en position assise et souvent devant un écran, pourrait-on peut-être se demander si l'employeur n'est pas responsable de l'augmentation de notre risque de maladie chronique?

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On parle de plus en plus en France du sport-santé au travail,  souvent dans une optique légère, ludique et d'amusement et c'est rarement une priorité dans la stratégie de l'entreprise. On parle du bien-être au travail, mais comment peut-on être bien quand on reste collé sur une chaise plus de 8h par jour, quand on oublie notre corps? Ne pas mentionner la manque de soleil et les problèmes de sommeil...

Et si on regardait plus sérieusement ce sujet? Si on a interdit l'amiante et le tabac car très mauvaises pour la santé, où on en est à réduire le temps passé assis? 

Voici quelques idées pour les entreprises pour encourager l'activité physique au travail:

  • installer des bureaux assis-debout réglables en hauteur. On a montré que l'introduction de courtes périodes d'activité au cours de la journée de travail des employés de bureau sédentaires est une approche prometteuse pour améliorer le bien-être général au travail (ref.)
  • rendre les escaliers accessibles et encourager les collaborateurs à prendre les escaliers plus souvent
  • encourager les transports actifs (la marche et le vélo) : permettre des horaires de travail flexibles, mettre à disposition des vestiaires et des douches, mettre en place des garages pour les vélos, etc.
  • proposer des activés physiques et sportives tenant compte des préférences et contraintes des collaborateurs, en dehors et/ou sur le temps de travail 
  • communiquer sur les bénéfices du mouvement et encourager la pratique
  • être inventif et à l'écoute

Pourtant, dans le contexte actuel, ces idées sont comme un grain de sable sur la plage, car vu l'importance et la complexité de ce sujet, la solution doit être plus large et complète:

  • éduquer et responsabiliser la population (campagnes de communication, formations, etc.),
  • mettre en place des environnements encourageant la pratique et la rendent très accessible (pistes cyclables, trajets accèsibles à pied, parcs, salles de sport, etc.) 
  • valoriser une vie active.

Ce qui manque en premier est une structure nationale qui soutient et encadre. 

Le rôle des pouvoirs publics et des autorités locales est ici essentiel pour développer des politiques qui encadrent, encouragent et valorisent l’activité physique au travail. De même celui des assureurs santé, pour financer et intervenir, et des chefs d'entreprises, pour la mise en place.

Depuis 2-3 ans, il y a en France une effusion dans le développement de l'activité physique et sportive au travail. On a des conférences, des offres de cours de tout types (yoga, zumba, différents sports, etc.) ainsi que des challenges, des formations et une activité de recherche et d'information bien avancée. 

Pourtant, à présent, les chefs d'entreprise ne sont pas assez informés, encouragés, ou accompagnés dans cette démarche. Même si parfois enthousiastes, il se retrouvent submergés par d'autres priorités et par la complexité de la tache. La solution serait un service de conseil pour l'évaluation et la mise en place, des réseaux d'échange, des solutions mutualisées et une facilitation fiscale. Les politiques doivent en prendre charge.

 

Deux vidéos expliquant les méfaits de la sédentarité

The problem with sitting too much (EN)

Why sitting is bad for you (EN sous-titré en FR)